La croissance lente… a-t-on encore le temps ? (French)


Il y a quelques temps, j’ai lu un article particulièrement intéressant. Publié sur Madyness, cet article traitait de l’avenir de la croissance lente, et ventait les mérites de cette vision du développement d’une entreprise. Particulièrement complet, ce billet à changé ma vision des choses.

Alors, pour remettre les choses dans leur contexte, le bootstraping, c’est quoi exactement ?

Selon Wydden.com « Bootstrapper désigne le fait de se débrouiller par ses propres ressources et les flux de capital générés par son business pour financer son lancement et/ou son développement. Démarrant votre aventure entrepreneuriale, bien souvent les fonds vous manquent et vous ne disposez peut-être pas d’assez de poids pour faire appel à des investisseurs extérieurs. »

Cette approche m’a fait relativiser sur les actualités courantes des start-ups, avec une course à la plus grosse levée. Et si c’était le meilleur moyen de se mettre une balle dans le pied ? Attirer les investisseurs, au-delà d’être chronophage, est un processus qui finit par vous mettre dans une terrible position de faiblesse : vous ne faites plus tourner votre business pour vos clients, mais pour vos investisseurs. Certes, certains produits ou services (souvent très Tech) nécessitent cette approche extrêmement déficitaire au début, puis (parfois) très profitable.

Cependant, à mon sens, ce n’est obligatoire que pour certains cas de figures. Pour le reste, ce sont de nombreux entrepreneurs qui tombent dans le piège de « j’ai besoin de lever pour amorcer mon activité », et placent toute leur énergie dans la recherche de financement et les soirées « réseautage », miroir d’une grande illusion financière, qui n’aboutit que très rarement. Et pendant ce temps-là, on oublie le produit, voir même les premiers clients, qui eux ont une valeur existante.

Or, une question subsiste, est-on obligé de se mettre le couteau sous la gorge pour monter son entreprise ?

La réponse est en 2 parties. La première est sans appel : il faut prendre un risque à un moment, et investir, que ce soit du temps ou de l’argent, cela devient inévitable.

Cependant, à quel moment ce point d’investissement important arrive-t-il ? Quand est-ce que cela devient un projet à plein temps ? La sécurité de l’emploi et la couverture sociale des salariés en France (allocations chômage, etc) sont un gage de stabilité, et une rampe de lancement dorée. Cela laisse également toute la liberté de travailler et développer un « side project ». Cette muse évolue lentement, et peut une fois mature, devenir une base à exploiter pour accélérer l’activité. Mais un produit, un portefeuille client, un recul sur sa structure et une communauté/réseau, cela prend du temps à construire et peaufiner. Beaucoup trop d’entrepreneurs veulent accélérer ce processus au-delà de la limite de compressibilité. Ils basent leur BP là-dessus, ce qui le rend obsolète avant même sa création. « C’est une vision qui séduit les investisseurs » dira-t-on. Personnellement, je pense qu’on est pile à la limite entre ambition, et rêve.

Prendre le temps, ne pas bâcler le développement de son produit, écouter ses clients / leur retour, est un gage de développement sain. Mais aujourd’hui on n’a plus le temps, on veut être riche, et vite.

Chez Earthooligans, nous pensons qu’il faut prendre le temps de grandir doucement. Axer notre développement customer centric. En limitant l’investissement de lancement, nous avons volontairement pris la direction du bootstraping. Pas de montre en main pour regarder les euros qui s’envolent. En internalisant toutes les compétences, nous limitons les dépenses, et prenons le temps d’atteindre le cap de l’auto-financement. Ce sont nos clients et nos partenaires, placés au cœur du processus, qui nous permettrons d’engager la croissance, ensemble.

Fred Bernard

Fondateur Earthooligans