Je produis, donc tu achètes. Ah bon. (French)


Surproduction, surconsommation, surliquidation…. Faisons-nous les choses dans le bon ordre ? Notre système de consommation actuel a quelque chose qui cloche. Force est de constater que nous surexploitons les ressources, que notre maison brûle mais que nous regardons ailleurs, et que même la prise de parole d’un enfant de 15ans surmédiatisée, crée une nouvelle polémique, alors que le fond du problème est tout autre. Aujourd’hui, les grandes marques (en tout cas dans le textile) produisent au-delà du raisonnable (peut-être pour prouver leur ambition auprès des investisseurs), injectent des millions d’euros dans le marketing pour tout écouler, et finissent par tout brader dans leurs outlets (quand ce ne sont pas des séries spéciales encore moins coûteuses). Dans ce grand jeu, la demande finit par s’adapter à l’offre. On achète parce que c’est en promo, pas parce qu’on en a besoin.

N’est-il pas temps d’inverser cette formule, et réadapter la production à la demande, de manière drastique ? Au bûcher les économies d’échelle, construisons un système durable. Economiquement, la consommation est aujourd’hui indispensable, que l’on soit EMEA Sales Rep chez Total, ou bien boucher à Saint Genest-Malifaux, les règles sont les mêmes. La consommation génère de la croissance, et du revenu, qui lui-même génère la consommation, bref, pour plus de détails, demandez à Keynes. Ce système capitaliste nous a mené aujourd’hui au chaos, et de nombreuses théories sur la décroissance apparaissent. Et pourquoi pas ? (Pour ceux qui sont intrigués par une approche plus profonde sur ces principes économiques, je vous invite à lire cet article de Usbek et Rica, une vrai mine d’or) Alors plutôt que partir vivre de sa permaculture en fuyant ce phénomène colossal, il faut réfléchir à des solutions, des portes de sorties.

Sans rentrer dans un essai macro-économique, et en ne traitant que 1% du problème, ne serait-ce pas intéressant de concevoir un système qui base l’offre sur la demande, mais de manière concrète ? (Et non pas sur des tendances) Un système qui ne vise pas les économies d’échelles mais plutôt une juste production ? Certes je pense être dans une idylle, mais il y a forcément des bonnes choses à en tirer. En 2020, les vrais acteurs sont les consommateurs. C’est notre façon de consommer qui dicte cet engrenage financier. En tant que clients, nous devons faire valoir cette influence.

Au-delà du comportement des consommateurs, il faut se tourner vers un système qui privilégie ces entreprises « raisonnables ». Celles qui ne produisent pas pour ensuite brader. Celles qui ont des valeurs fortes, qui défendent le consommateur et militent par leur fonctionnement pour un système plus stable. Sans excès. Dans le textile, des nouvelles marques comme Hopaal, Bask in The Sun, Les Optimistes, fleurissent grâce à la qualité de leurs produits, mais aussi à leur vision. Des marketplaces comme WeDressFair, accélèrent leur développement. Ces visionnaires du textile inspireront, je l’espère, de nombreuses autres marques encore.

Et nous chez Earthooligans ? Nous avons basé notre fonctionnement sur ce système. Grâce à l’impression On Demand, nous n’avons aucune surproduction. Nous ne produisons que ce que nous vendons. Evidemment toute notre gamme textile est certifiée GOTS, Oeko-Tex et FairWear. CMS e-commerce, dropshipping, ondemand… Nous utilisons tout ce que le digital a à nous offrir pour construire un fonctionnement avec l’empreinte carbone la plus légère possible. Pas de surproduction, pas de liquidation, pas de budgets marketing à 3 zeros. La moitié de notre bénéfice revient aux associations, ce qui permet de redistribuer une majeure partie de ces transactions, qui jusque-là, atterrissaient dans les poches d’entreprises particulièrement profitables. Un système simple, qui aide les autres, et surtout un espoir immense que ces méthodes se démocratisent et basculent notre système actuel sur une tendance véritablement plus durable.